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2 juin 2014 1 02 /06 /juin /2014 16:49

Il est facile de s'indigner face à ce qui semble évident.

Mais il est bien plus dur d'identifier ce qui est plus quotidien, feutré. Ce qui est "limite" peut devenir, si on n'y fait pas attention, une nouvelle norme.

Il est un combat quotidien dont je n'avais pas conscience jusqu'à présent et dont j'avais envie de vous parler. Parce que pour une fois, je n'avais pas envie de vous parler de tricot.

A la lecture de cet article : Le Harcèlement de Rue, je me suis interrogée

J'ai été interpellée parce que j'ai reconnu des situations où je me suis trouvée moi même. Cet article a mis un mot, un nom sur une situation quotidienne que je constate aussi autour de moi et explique certaines situations de repli.

J'ai eu envie de vous donner le fruit de mes réflexions

Le harcèlement est un terme fort mais je crois qu'il révèle une réalité, c'est violent à vivre.

Il a fallu du temps pour que soit reconnu par la loi le harcèlement sexuel, puis le harcèlement moral

Maintenant c'est le harcèlement de rue qui doit être dénoncé.

Alors mythe ou réalité au pays où la galanterie et le flirt sont à la fois une reconnaissance de la beauté et un masque qui cache la misogynie et le sexisme ?

Où s'arrête le compliment et la flatterie et où commence le sexisme et l'agression ?

Pourquoi n'a t on pas le droit de dire non sans prendre de reproche ou de critique ?

Voici une vidéo (tournée en caméra cachée) pour comprendre au quotidien

Sophie Peteers : Femme de la rue

La lecture de cet article est intéressant parce qu'elle montre que les femmes sont à la fois les victimes de cet harcèlement mais également les responsables parce qu'elles cautionnent ces agissements en les minimisant et en les acceptant sans les dénoncer.

Les études sur le viol ont démontré que les femmes ne sont pas violées parce qu'elles se promènent à moitié nues le soir dans des parking sombres ou qu'elles ont aguiché les hommes.

Dans la majorité des cas (75%) , les violeurs sont un homme de leur proche entourage : un voisin, un parent, un ami.

Et il y a 75 000 femmes violées par an en France. Sans compter les mineurs....

Faut il alors cacher la femme parce que l'homme a des pulsions ?

Je n'adhère pas à cette image qui fait de la femme une victime faible et sans défense face un homme qui ne saurait pas se contrôler lui même.

Pour moi, c'est rabaisser l'homme et la femme !

C'est également les opposer.

C'est la solution que choisissent celles qui se voilent un peu ou beaucoup, non par foi, mais pour se protéger.

Je vois de plus en plus de ces femmes ou de ces jeunes filles qui me racontent ce parcours et ces hommes qui ne les jugent dignes que si elles sonts couvertes.

C'est aussi le choix de toutes celles qui abandonnent les jupes, qu'elles soient courtes ou longues.

Faut il faire une Journée de la Jupe pour en prendre conscience 1 jour sur 365 autres ?

Je n'abandonne pas mes aiguilles parce que cela dérange les autres ! Non, je réagis, et je résiste.

Cet article dénonce l'ignorance de la gravité de ces petites concessions au respect de l'autre :

Elle minimise la portée des gestes et des paroles et ouvre la porte à des actes plus violents un jour.

Elle fait de la femme un objet, à fortiori, un objet sexuel.

Je ne suis pas un objet, on ne me touche pas. Ni moi, ni aucune femme.

Cet article donne des tas de conseils pour réagir face à ce genre d'agression qui passe par un geste déplacé, un regard ou des paroles et dit que seul le combat contre le silence et l'indifférence fera que nous les femmes, nos soeurs, nos filles, nos petites filles pourront aujourd'hui, demain et après demain marcher dans la rue comme individu et non seulement comme appartenant à une catégorie sexuelle.

Réagir aujourd'hui si on est victime de ces agissements, réagir si on est témoin de ces agissements, par un simple bravo ou des applaudissements c'est pour moi un combat pour soi mais aussi pour les autres femmes.

Il faut du courage pour se lever et dire non.

Le viol est puni par la loi, mais le harcèlement aussi : jusqu'à 5 ans de prison et 75 000 euros d'amende. C'est du sérieux.

Les combats d'aujourd'hui ne sont pas les mêmes que ceux d'hier. Il ne s'agit plus d'offrir des libertés aux femmes mais simplement de leurs permettre de la conserver.

Il faut aussi réaliser que ces hommes qui harcèlent sans le savoir, ce sont aussi les hommes autour de nous, nos voisins, nos amis, nos conjoints.

Si nous leur faisons passer le message que ce qui est pris pour un compliment ou une forme de séduction est en réalité une agression, on peut déjà commencer à agir

"Liberté, Egalité, Fraternité" est écrit partout en France

A nous de faire de ces mots une réalité quotidienne et non un simple slogan sur un mur.

Stop au silence ou à "c'est normal".

Un site pour réagir si vous êtes victimes : Stop Harcèlement

 

Bon, j'arrête, je vais revenir à du tricot mais svp, lisez cet article, parlez en autour de vous.

N'hésitez pas à partager vos avis dans les commentaires.

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commentaires

Sophiedoz 04/06/2014 09:14

Bel article, merci! J'ai partagé cette bd autour de moi récemment aussi, elle m'a beaucoup touchée. Je pense par contre que tes mots sont un peu maladroits lorsque tu dis que les femmes sont "responsables parce qu'elles cautionnent ces agissements en les minimisant et en les acceptant sans les dénoncer", ou alors nous ne sommes pas d'accord.
Je n'ai pas porté plainte pour mon premier viol, et je n'ai jamais confronté mon agresseur, et pourtant je n'estime pas en être responsable. La raison? Il m'a fallu des années pour comprendre et admettre qu'on m'avait violée. Ca n'est pas rare, c'est même très fréquent. Nous vivons dans une société qui normalise ces comportements agressifs de la part des hommes, et dans laquelle les fills sont éduquées pour devenir sage et douces et dociles. Ca n'est pas facile d'apprendre à résister.
Toi-même tu sembles à peine découvrir le concept de hacèlement de rue et les mots qui vont avec. Je suis d'accord avec toi qu'il est important de réagir et de ne pas se laisser faire mais il ne faut pas oublier que plusieurs femmes ont perdues leur vie dans des circonstances similaires. (article en anglais: http://theternalist.blogspot.fr/2014/04/the-other-abuse-street-harassment-and.html)
Résister n'est pas un devoir vis à vis de la société, c'est une décision qu'on prends vis à vis de soi même si on le souhaite.
Ce sont les hommes qui doivent changer leur comportement et ils sont les seuls responsables du harcèlement et du viol.
Courage dans ton combat et plein de bises!

Sophiedoz 04/06/2014 11:08

Je n'ai pas parlé de mes agressions pour te faire culpabiliser, j'espère que tu le sais. :) e sais que ça fait un peu bombe, mais je pense qu'on peut difficilement parler de viol sur un blog sans avoir conscience que des victimes vont le lire, c'est malheureusement tellement courant. En tout cas je n'ai pas été blessée, je suis contente de pouvoir dialoguer avec toi. Je suis militante depuis quelques années et je n'ai pas de problème pour en parler.
Pour moi le harcèlement de rue et le viol sont différent niveaux d'agressions sexuelles donc il faut les traiter pareil: ne jamais blâmer les victimes, parce que quoi qu'une femme (ou très rarement un homme) fasse, son corps reste son unique propriété et nul n'a le droit d'en disposer. Rien ne justifie une agression sexuelle, rien.
En effet, nous avons un rôle d'éducation à jouer, femmes et hommes, parents, professeurs, et civils anonymes. Mais c'est je pense important de le dissocier d'une quelconque "faute". Nous vivons dans une société qui nous rabâche de façon explicite et implicite en permanence que c'est mieux d'être un homme, blanc, mince, riche, valide et hétéro, et que les femmes, les poc, les gros, les LGBTI et les handicapés, j'en passe, sont des sous-classes d'êtres humains. C'est très difficile de se rendre compte de tout ça, de s'en dépétrer et d'agir en conséquence.
Je ne suis pas d'accord avec tout ce que tu dis dans ta réponse mais nous n'avons pas du tout la même vie (je n'ai pas d'enfants, par exemple, donc je n'ai pas de point de vue éclairé sur la question de l'éducation), et je pense que le but n'est pas d'être d'accord sur tout mais d'être solidaire. Et ça, c'est bien parti pour. :)

Des bisous et merci :)

systemeb 04/06/2014 10:09

oh, Sophie, si tu savais comment je suis à la lecture de tes mots " mon PREMIER viol"...!

je vivais dans mon petit monde laineux et j'ai eu l'impression d'avoir eu un choc à la lecture de l'article : il y avait une autre réalité d'un tout autre ordre en parallèle du mien

une autre réalité qui m'a frôlée aussi puisque, lorsque je suis à Paris, j'entends aussi des "compliments" plus ou moins agressifs que je prenais pour des approches maladroites de drague de balourds
j'ai été aussi collée dans le métro à des frotteurs, comme on appelle ces pervers
j'ai tendance aussi à m'habiller plus discret lorsque je dois sortir seule
dans certains quartiers, je marche vite, en baissant les yeux
mais pour moi, tout cela n'avait pas d'importance, il faut juste les éviter et ce problème pouvait disparaitre de mon champ de conscience, surtout dans ma province où je suis plus en voiture, tranquille au travail ou devant l'école

cet article m'a fait soudain réaliser que en minimisant ces gestes, en les occultant, je véhiculais le message que ce n'était pas important, que j'étais responsable du silence

mon article allait dans ce sens et je voulais que les femmes comme moi, comme Claire 29, comme toutes celles qui ne se sentent pas forcément concernées, prennent conscience que oui, on est responsable de ce silence
oui, banaliser le harcèlement, ne pas se sentir concernée aussi, c'est être coupable
voilà pourquoi j'ai volontairement appuyé sur cette phrase

ceci n'est pas du tout applicable au viol.
On n'est pas coupable d'avoir été violée et on ne doit pas se sentir jugée, salie. On est victime !!!
Je n'ai pas dit cela du tout et je m'excuse si tu en a été blessée.
Pour moi le viol c'est quelque chose de lointain, je connais des victimes d'harcèlement, j'ai bien croisé des femmes ou des hommes violés, mais je ne connais personne de proche
et ton commentaire m'a fait réaliser que c'est moi qui une fois de plus méconnaissais la réalité du phénomène : le viol ne se porte pas comme un étendard sur le front !!
et ton "premier" me laisse entendre que ce n'est pas qu'une fois
je n'imagine pas ce que cela a du être
mais je conçois aisément la force qu'il t'a fallu pour être là aujourd'hui et le courage de témoigner publiquement ici
bravo Sophie et merci, merci

Résister on le fait pour soi, dans toutes les circonstances d'une vie, pour être un homme/une femme libre
Résister en société, je pense que c'est nécessaire aussi. Je pense que c'est un devoir. Je suis convaincue qu'il ne faut pas opposer les hommes et les femmes. Les hommes gagnent à fréquenter les femmes ( pas sure que l'inverse soit vrai).
Ils ne changeront pas d'eux mêmes.
Je pense que c'est la communication, l'échange, le respect de nos différences mais aussi des valeurs, qui permettront un vivre ensemble harmonieux
Je pense qu'ils ne sont pas les seuls responsables du harcèlement et du viol : oui ils sont responsables des actes et des paroles proférés, mais nous, en tant que femme mais aussi en tant que Société, avons un rôle à jouer dans leur passif. Ce sont les valeurs qu'ils auront en eux qui va faire qu'ils sont parler ou agir, passer à l'acte ou se retenir.
Ce sont les femmes qui éduquent les enfants et portent les valeurs de ces hommes de demain
Ce sont elles, dans la vie de tout les jours, par leur exemple, leur relation à leur conjoint ou aux hommes de leur entourage, qui vont donner le ton de la "normalité" aux enfants

je t'embrasse très fort et longue longue vie aux Dulcimer

Claire29 03/06/2014 13:54

Merci.
Merci pour cet article qui m'a fait prendre conscience de la réalité de ce que vivent certaines au quotidien, et qui m'a donné quelques pistes pour en parler à mes filles ET à mon fils (il a 8 ans, elles en ont 8, 10 et 12, c'est je crois juste le bon moment pour aborder le sujet et les sensibiliser...)
Et merci aussi pour ton blog, pour ton partage de techniques et pour les si jolis modèles qui me font régulièrement craquer...

systemeb 04/06/2014 09:32

Merci à toi d'avoir pris la peine de mettre ce commentaire
tu as compris le message que je voulais faire passer : cela nous concerne, en tant que femme, mais aussi en tant que mère : nous formons les hommes et les femmes de demain
c'est nous qui posons les bases du vivre ensemble de demain
merci merci

Lesanimauxdumercredi 03/06/2014 08:17

Bonjour,
Je ne commente (quasiment) jamais même si j'aime beaucoup ton blog. Mais cet article étant sur un sujet si important et pour lequel certain(e)s se sentent pourtant si peu concernés... Bref, voici deux liens en rapport, des projets qui sont vraiment intéressants :
le court métrage "Majorité opprimée" :
https://www.youtube.com/watch?v=kpfaza-Mw4I&feature=kp
et le projet crocodile :
http://projetcrocodiles.tumblr.com/
A voir !

systemeb 04/06/2014 09:30

oh, merci pour ces liens, je suis allée voir
j'aime beaucoup le second, le projet crocodile

  • systemeb
  • le tricot est une passion dévorante, alors pour en parler des heures sans lasser les proches, j'ai ouvert ce blog
chers visiteurs, soyez prévenus, je serais intarissable. Mais n'hésitez pas à me laisser vos coms je partage volontiers mes petits
  • le tricot est une passion dévorante, alors pour en parler des heures sans lasser les proches, j'ai ouvert ce blog chers visiteurs, soyez prévenus, je serais intarissable. Mais n'hésitez pas à me laisser vos coms je partage volontiers mes petits

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