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17 novembre 2015 2 17 /11 /novembre /2015 08:21

Paris Mercredi 7 Janvier 2015.

Paris Vendredi 13 Novembre 2015.

2 dates qui se suivent mais qui ne se ressemblent pas.

2 dates où la France voit couler du sang sans en comprendre vraiment la violence

2 dates où la France se rassemble dans un même élan, une même émotion qui parcourt la gamme de la sidération à la colère en passant par la peur et les pleurs

2 dates qui effacent d'une rafale notre quotidien, notre cocon, nos convictions

2 dates où on doit apprendre à faire avec, jusqu'à oublier un peu avant de se réveiller à nouveau face à l'horreur.

Aujourd'hui, après 3 jours de deuil, on apprend à relever la tête, à rester debout, à dire non à la peur, non à la haine. On panse les plaies des corps mais aussi on tente de panser de l'âme tout en cohabitant avec cette incertitude de l'instant suivant, dans la crainte que ne se concrétisent nos scénarios les plus pessimistes.

Les images tournent en boucle.

Les informations se déversent en chaine, fascinantes et anxiogènes à la fois.

On alterne entre émotions négatives et émotions positives

La solidarité entre les gens mais aussi les pays, ces couleurs affichées, ces messages et ces hommages tissent un réseau qui remaille l'humain en nous et qui consolide, telle une immense trame, l'humanité un temps déchirée

Il faut du temps.

Je n'ai pas eu le cœur à revenir sur le blog depuis ce vendredi.

Je n'ai pas réussi à tricoter plus que du mousse, sous peine de défaire et défaire

Qu'aurais je pu dire de plus ? Autant garder le silence. Autant essayer de reprendre le cours de mon quotidien comme un être dédoublé, faisant les choses automatiquement tout en s'étonnant que ce soit si facile et si identique à avant alors qu'à l'intérieur tout est si différent.

Tricoter et en parler est si dérisoire, m'étais je dit.

Puis est venu un message, une petite question sur un tuto, une petite question qui m'a sortie de ma torpeur et qui m'a questionnée

Je suis allée voir les visites que vous faisiez sur le blog et ai été surprise de constater que vous étiez là.

Alors j'ai compris que de l'incantation à l'acte, il y avait un petit pas qu'il me fallait franchir.

Je disais qu'il ne faut pas avoir peur et reprendre le cours de sa vie normale.

Mais que faisais je dans ce sens ?

Parce que ma vie normale, c'est aussi une part de futilité et de rire, une part de légèreté nécessaire, un espace de partage et d'échange, un lieu de paix et d'amour.

Ma vie normale, c'est aussi le tricot et vous

Alors je viens renouer le lien, remailler à mon tour ce qui a filé, reprendre l'ouvrage et remettre les mailles en ordre, parce que ce chaos actuel ne doit pas durer et que je peux déjà agir à mon échelle, en moi.

En retrouvant le silence intérieur, je retrouverais la paix intérieur et je pourrais la diffuser à mon tour.

Je reprends donc le chemin des aiguilles et du blog.

Je vous invite si vous le souhaitez à partager dans les commentaires comment vous avez véçu les derniers évènement terribles, quel impact cela a eu sur vos vies mais aussi sur vos tricots, comment vous pensez que vous devez réagir.

Sortez un bonne tasse de thé, sortez vos plumes ( pardon, vos doigts sur le clavier ) et venez donc partager avec moi un moment de légèreté et de douceur, de gravité et de partage, venez réécrire un instant un bulle de présent comme un cadeau de la vie, retrouvez avec moi le chemin de la joie dans le cœur, de l'espoir et la confiance que l'amour sera toujours plus forte que la barbarie

 

 

 

Silence

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commentaires

clochette 24/11/2015 10:42

Hommage !
(rien ne manque sur ce blog) A ecouter :
http://www.tv5monde.com/cms/chaine-francophone/Revoir-nos-emissions/L-invite/Episodes/p-31082-Latifa-IBN-ZIATEN.htm

Le dessin qui est dans tous les azimuths est celui d'un jeune français habitant Londres qui a repris le symbole des hippies des annees 70 est y a mis la tour eiffel. (belle image)
http://www.larepubliquedespyrenees.fr/2015/11/14/peace-for-paris-le-symbole-qui-court-sur-le-net,1288705.php

Malilène 17/11/2015 20:49

Moi j'aimerai avoir les mots ou plutôt avoir les idées. depuis vendredi soir je ne sais plus comment penser. Je me dis que bien sûr il faut résister et vivre et dans la minute qui suit je m'étonne que tout se passe autour de moi comme si justement rien ne s'était passé...Ce qui me fruste le plus c'est de de rien pouvoir faire. Rien pour soulager la douleur de toutes ces familles endeuillées de tous ces blessés.
Merci pour ton texte.

mireille 95 17/11/2015 18:17

Moi aussi ma file habite Paris.j ai de suite telephone pour savoir ou elle etait.coup de bol : el.





Moi aussi ma fille habite Paris.j ai tout de suite telephone.coup de bol,elle dormais.
Sinon je compatis avec les familles qui ont perdues quelqu un : toutes mes condoléances.
Moi aussi j ai du mal z tricoter.même le point mousse.c est dur mais cela va passer.Il ne faut pas qu ils pensent qu ils ont gagne: la vie continue.

martichat 17/11/2015 15:29

Vendredi soir 2 de mes fils étaient à Paris, mais je ne savais pas exactement où... dès que j'ai appris l'horreur qui s'était passée, vers 23 h, j'ai vite été rassurée par leurs messages, mais je n'ai pas cessé de penser à ces parents qui savaient leur enfant ici ou là au coeur du drame. Quelle angoisse ! Une tristesse infinie, une incompréhension, mais la volonté de rester debout, avec l'espoir que,malgré tout, la tolérance et la fraternité restent à l'ordre du jour.

Sylva 17/11/2015 14:37

en allant ,comme d'habitude ,sur internet, samedi matin, le choc ,l'incrédulité, l'horreur, l'angoisse (mon fils vit à Paris, il aurait pu être au stade !) vite, le téléphone ,il va bien , il suivait le match à la télé et égoïstement le soulagement malgré la peine immense pour tous les autres .
et comme toi,je n'ai pas réussi à reprendre mon tricot qui pourtant me calme habituellement.
il y a eu les appels (famille et amis) les discussions ,..
maintenant,je me dis que nous ne devons surtout pas nous laisser abattre et je vais TRICOTER !
merci de cette petite place que tu nous offres !

Les Toiles des Neiges 17/11/2015 13:02

Je viens de lire le commentaire de Fatjab, absolument bouleversant ... et je me dis, Faites que le hasard continue d'être chanceux pour elle et sa famille !
De mon côté, je ne ressens que de la colère, une immense colère. La tristesse n'a pas encore abordé mon coeur mais quand ce sera le cas, je pressens que ce sera le Grand Déferlement... Je dors peu, moi pourtant si préservée dans ma campagne au calme. Je suis, heure par heure, les décisions du Gouvernement et déroulements des enquêtes. Parfois, je sens même la haine pointer et pourtant je me bride car je sais qu'elle ne sert à rien... Pour calmer cela, je tricote beaucoup beaucoup, jusque tard dans la nuit, trop angoissée de me coucher et de me relever le lendemain ... Et là , tout de suite, à t'exprimer ce que je n'ai dis encore à personne, j'ai envie de pleurer.

Tout chocolat 17/11/2015 12:45

J'ai immédiatement réagi en analysant la situation pour répondre à mon entourage: qui, pourquoi, pourquoi là...puis immédiatement ma réaction a été RESISTER et faire passer ce message autour de moi.Samedi j'ai mieux rangé mes fils pour en trouver un me satisfaisant pour un test.Dimanche j'ai fait la compétition prévue puis j'ai tricoté une partie du test.Hier J'ai écouté, répondu, expliqué toute la journée, puis j'ai décpompressé, j'ai dormi car j'étais très très fatiguée mais ma détermination reste la même.Samedi je serai au salon CSF à Paris comme prévu;

Fatjab 17/11/2015 11:32

Merci pour cet espace que tu nous offres. Moi, je n'arrive pas à tricoter. Un demi-rang par ci ou par là. Vendredi soir, j'étais à Paris, dans ce quartier où j'ai vécu, étudié, où je continue de travailler, de sortir, de me promener. Dans mon Paris. Vendredi soir, mon compagnon n'était pas au Bataclan, voir ce groupe qu'on aime parce qu'il y a quelques mois, il s'est dit qu'on s'était déjà offert pas mal de concerts donc qu'on irait une autre fois. Nous n'étions pas rue de Charonne, parce qu'en nous baladant pour attendre les amis avec qui nous avions rendez-vous, il a décidé de faire demi-tour et qu'on passe par ailleurs. 21h30. Le hasard. C'était déjà proche en janvier, à deux pas de chez nous, de notre école, ce vendredi 9 janvier. Le 7 aussi d'ailleurs. Un peu avant la prise d'otages, notre cousine faisait ses courses dans l'Hypercasher, avec sa fille. Encore un hasard chanceux. Je repense à ce jour de mars 2012, où des gamins, des petits gosses, et un adulte se sont fait tirés dessus à bout portant, et d'accompagner ma fille de 3 ans à l'école avec la boule au ventre, dans une indifférence glaçante de tous ou presque. Je viens de recevoir un mail plein d'amour d'amis rencontrés il y a longtemps lors d'un voyage en Thaïlande, eux parents aguerris de 4 enfants, nous alors encore très jeunes adultes découvrant le monde. Ils vivent depuis longtemps dans un pays où la menace terroriste est chaque jour ou presque au coin de la rue. Ils nous disent, dans ces moments là, qu'ils prennent le temps d'être en famille, de manger des bons petits plats. D'allumer des bougies partout dans la maison. De jouer de la musique, ensemble. De s'échapper un peu à la campagne, pour que les enfants puissent courir, courir libre, et tous voir la nature, si belle. On essaie. Je pense aux copains médecins, à l'hôpital. Prendre la rue Faidherbe pour allez bosser n'a pas été facile, ni hier, ni aujourd'hui. Pas la peur, non, l'envie de vomir face à l'horreur. Alors, je met le boulot en suspens, et je m'accroche à mes aiguilles. Quelques mailles, mais non ça ne passe pas. Je ne ressens pas de colère, comme en janvier, mais seulement une infinie tristesse et lassitude… L'envie aussi durant 3 jours, d'éteindre le téléphone et facebook pour ne surtout pas apprendre qu'un proche a disparu, et cette culpabilité dingue d'être soulagée que ce ne soit pas le cas. Besoin de se chouchouter, de s'aimer tous, tous, qui que nous soyons. Et une envie folle de sortir et de faire la fête pour vivre.

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  • le tricot est une passion dévorante, alors pour en parler des heures sans lasser les proches, j'ai ouvert ce blog
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