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12 mars 2016 6 12 /03 /mars /2016 16:13

J'avais dit que je parlerai de mon expérience du tunnel mais aussi des réticences que j'avais à en parler car cela crée toujours un grand blanc après.

Un énorme blanc qui oscille entre incrédulité, perplexité, suspiction mal dissimulée et fascination morbide ou témoignages plus ou moins sombres, à la limite du spiritisme et du tournante de table

Des rares cas osent parler qui disent toutes avoir vécu ce même détachement. 

Au début, cela me gênait beaucoup, me faisait me taire longtemps encore, mais maintenant je m'y suis habituée.

Je dis ma propre expérience et je laisse les gens prendre ce qu'ils veulent ou ont besoin de prendre.

Il se peut aussi qu'ils ne prendront rien.

Mais pour les autres, ceux qui ont peur de parler, je veux qu'ils osent.

A ceux qui veulent douter, j'entrouve une porte.

Je ne retiens que les fois où cela a fait du bien, c'est toujours une minorité, silencieuse, mais qui grossit au fil du temps. 

Je ne veux convaincre personne, car tout le monde finira pas aller voir un jour et se fera sa propre opinion

Et si cela se produit, svp, je refuse qu'on vienne alors me dire que j'avais tord ou raison, j'aime pô les fantômes 

Mais je veux juste dire qu'il ne faut pas confondre une situation anormale, exceptionnelle, avec la personne qui la vit.

Si la situation semble folle, je ne le suis pas.

Si la question fait peur, c'est la réponse qu'il faut craindre mais pas craindre celui qui la pose.

Je suis faite de cette expérience car elle m'a forgée, mais je ne me résume pas à cela.

Je tenais à en parler parce que le contexte s'y prêtait et que toujours me taraude la question de pourquoi moi ?

Pas pourquoi cela m'est arrivé, non non, mais de pourquoi cela ne m'est pas arrivé.

Pourquoi je ne suis pas morte ?

Parce que un temps, j'en ai croisé des experts qui après le bonjour, me disait dans la foulée "ah, une CIVD ? J'en ai expertisé 7 l'année dernière, toutes sont mortes" et moi, de finir de finir de dire "bonjour Mr, enchantée" et de m'assoir.

Le réanimateur a été adorable qui m'a dit que c'était courant de perfuser autant.

Oui, mais quand au réveil on apprend que toute l'école du fils de la dame qui vous sert le plateau a reçu un appel au don du sang, vous avez du mal à ne pas vous dire que vous avez piqué le sang pour de tas d'autres personnes.

Tout le monde vous rappelle que vous êtes une miraculée, des tas de gens que vous ne connaissez pas se réjouissent de vous voir, ont priés pour vous, ont pensé à vous, vous embrassent.

Et vous, vous plongez dans l'injonction du bonheur, dans la culpabilité du survivant, dans la dette de cet amour qui s'impose.

J'ai eu un début de réponse avec le responsable du centre de transfusions : pourquoi j'avais reçu tant de sang, alors que les autres n'en avaient qu'une dizaine ?

Tout simplement parce qu'elles mourraient avant de recevoir comme moi.

Moi, j'avais tenu assez pour recevoir tout cela.

Et c'est vrai que le rapport de l'inVS dit que la majorité des décès sur les hémorragies de la délivrance pouvaient être évitées avec un diagnostic précoce et un traitement adapté.

J'ai donc juste été bien prise en charge.

Mais je ne peux m'empêcher de penser que si c'était arrivé à 2000km de là, il y a 10 ans de cela, si je n'étais pas dans un pays qui a une sécurité sociale qui se fout d'injecter dans mes veines des ampoules de Novoseven à 4000€ l'ampoule, ben je ne serais pas là.

Et qu'il doit y avoir une raison, qui ne se résume pas à ce que je suis, mais à ce que je ne suis pas ?

Que n'ai je pas encore accompli ? Ai je une mission particulière sur cette terre ?

Ai je quelque chose à faire, à vivre, à bâtir qui vaille tout cet investissement d'amour sur moi ?

Mes enfants seront t ils des êtres si exceptionnels qu'il fallait que je reste pour les élever ?

Que d'orgueil et de responsabilité dans ces questions.

Mais je ne peux me résoudre à penser que tout cela n'ait été que pour moi seule.

Cela fait 9 ans que régulièrement j'y pense, et que j'oublie.

Comment rendre tout cet amour qui m'a été donné.

Je ne le rendrais pas à ceux qui m'ont aidée, je devrais le donner à d'autres.

Mais le fais je assez ? Puis je faire plus ?

Je n'aurais jamais de toute ma vie pour payer le prix de ma vie.

Mais j'essaye, à travers ma joie, mes délires, mes réflexions, des petites mains tendues.

J'ai envie de raconter mon histoire pour aider, et pourquoi pas lancer un appel au don du sang, de plaquettes et de Plasma ?

J'ai envie de dire encore et toujours "vivez, car quoique que vous viviez, l'épreuve ou le quotidien, la Vie est belle" mais aussi vivez conscient de chaque minute car cela peut s'arrêter sans qu'on le veuille.

Mais vivez et mourez apaisé.

Je ne suis pas morbide même si le sujet l'est, je suis pleine de vie et je veux la dévorer.

Je clos ce sujet car pour moi, j'ai déjà avancé et je chante comme Piaf, non rien de rien, non je ne regrette rien, ni le bien qu'on m'a fait, ni le mal, tout cela m'est bien égal.

Balayé mes amours, balayés pour toujours, je repars à zéro.

Et à vrai dire pas tout à fait à zéro car avec mes efforts, en 4 jours, j'ai repris mes 2 kilos perdus !!

Et j'ai hâte de découvrir vos envois.

Je ne sais pas si j'en aurais juste 1 ou 100, peu importe parce que chaque colis ou lettre va compter pour lui même, comme un témoignage du lien que j'aurai su créer par delà l'écran et l'espace.

Parce que ce colis va signifier un élan du coeur, un don gratuit d'une personne à une autre, qui ne me connaît pas mais qui se reconnaît en moi.

Pour moi, cela n'a pas de prix.  

Et puis j'avoue que je suis joueuse et que cela me donne envie de savoir ce qu'on va m'offrir, entre le colis tout gourmand, la petite carte juste pleine d'amour ou les sachets du matin.

Je me demande jusqu'où ira votre imagination, si vous me prendrez au pied de la lettre, ou si vous allez rester sur votre idée, si l'une de vous va oser la conserve de sardines ou de thon, parce qu'il me fallait des protéines.

J'ai envie que ce moment d'épreuve se finisse dans la joie et le partage, je veux du rire, de la vie, du délire, de l'amour.

Mais fichtre, je ne pensais pas que Machamaya dégainerait si vite et si fort !!! (Mais Machamaya elle est super forte et on tricote ensemble, c'est ma copine)

Regardez

 

+ 2 !!

Y a de l'huile et des fines herbes pour mes cuissons futures et 2  pots à tartiner, la première est déjà engloutie, si si !!

Mais surtout il y a cette douceur tricotée tout à fait inattendue

+ 2 !!

J'hallucine !!!

Une paire de chaussettes !!!

Parce que pour elle, le réconfort commence par là aussi !

Je suis épatée !!

Regardez

+ 2 !!
+ 2 !!

Merci Machamaya, tu es une reine.

Et je veux rassurer toutes celles qui avaient juste prévu du thé, ne changez rien à vos projets, parce que les sachets de thé, je peux les infuser et les boire, pas les chaussettes.

D'ailleurs on sait quoi penser des jus de chaussettes.

Mon retour à domicile approche, ce sera pour dans 3 jours on est pile dans le délai des 15 jours annoncés

Allez je repars à zéro et bientôt j'aurais assez de force pour reprendre les aiguilles et on parlera enfin de tricot !!

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11 mars 2016 5 11 /03 /mars /2016 17:30

Je vais vous raconter ce qui m'est arrivé, mais que les émotifs, les femmes enceintes passent leur chemin.

Je leur donne rdv au prochain post

Je choisis d'être purement narrative des faits que j'ai pu reconstituer peu à peu, narrative aussi pour ne pas me laisser envahir par l'émotion.

Ce texte pourra vous paraître bien plus froid que ce que je peux écrire, mais je ne peux le dire autrement

Il y a 9 ans de cela, j'attendais mes jumeaux et tout se déroulait sans soucis particulier.

Un jour la sage femme, constatant une simple tension à 12 à 1 mois du terme décide d'avertir mon obstétricien. Je ne comprends pas bien mais je leur fais confiance.

Celui ci prend la décision de la césarienne, pour éviter une dégradation possible et rapide de mon état.

Ma foi, je trouve cela un peu excessif, mais accoucher en double ou césarienne en une fois, cela pouvait se discuter

Moi, j'allais bien, aucune maladie, aucun symptômes, j'ai pris le temps de faire quelques photos avant de partir, juste un peu contrariée de n'avoir que les répondeurs de ma famille et pas eux en direct.

Cela m'a tracassée sur le coup, sans raison logique et mon frère me confiera avoir fait un rêve la veille de mon appel, très désagréable où je me débattais et qu'il ne pouvait rien y faire, impuissant, en ajoutant délicatement que jamais il ne rêvait de moi.

Je pense que cela a joué dans mon histoire, une impression d'inachevé à achever 

La césarienne se déroule sans soucis particulier, les bébés sont en pleine forme, on prend le temps de confirmer les choix des prénoms et je suis très fatiguée, je m'endors.

En regardant par la suite la photo, je vois que je ne suis déjà plus là, je vois mon corps, mais je sens que moi, je ne suis pas là, je suis vide de moi.

Je me plains un peu d'un mal de ventre inhabituel, mais l'infirmière me rembarre. Je me rendors.

Mon Cher arrive le soir, je résignale ma douleur et cette fois l'infirmier du soir me prend au sérieux et appelle le médecin.

Et là tout va basculer à une vitesse fulgurante.

Le verdict tombe : je fais une hémorragie de la délivrance, j'ai 1/2 litre de sang dans le ventre mais rien qui ne saigne vraiment, on fait une hystérectomie d'hémostase. Cela devrait suffire 

On referme.

Mais à peine le compte rendu finit il d'être tapé par l'anesthésiste qu'il me racontera plus tard que j'ai 6 litres de sang dans le ventre, des caillots partout.

En plus de cette hémorragie de la délivrance, je fais une CIVD, c'est à dire que je saigne tellement que je n'ai plus de quoi coaguler, et le peu que je coagule, je le fais dans les vaisseaux ce qui entretient l'hémorragie.

Le pronostic d'une CIVD est assez effroyable. 

Pour le Cher et Tendre devenu jeune papa joyeux dans la journée, la nuit vire en opération de la dernière chance.

Je repasse au bloc, ils sont 4 équipes, 3 par équipe. Et celle qui était avec l'anesthésiste me racontera : j'ai un taux d'hémoglobine indétectable, malgré mes 30 poches de sang, mon sang est celui d'un sirop à la grenadine dilué.

Dans mon ventre, c'est la consternation, cela saigne en continu, rien ne saigne vraiment mais tout fuit de partout, il n'y a rien qu'on ne puisse colmater.

Alors on tente un truc de fou, on met dans mon ventre des draps de bloc, on en mettra 6, le plus qu'on puisse en ayant assez de peau pour fermer.

Et attendre.

Car l'idée est de me remplir plus de sang que je ne puisse en perdre et que les draps fasse pansement interne.

Et prier que cela marche.

Le Samu refuse mon transfert de quelques km vers la réanimation de l'hôpital voisin, je serais morte en chemin.

Pour le Cher et Tendre qui a vu cet employé du centre de transfusion râler qu'on le dérange toute le nuit et qui ensuite attend dans mon lit de maternité, l'ordre des choses est inversé :

les  petits c'est la vie, et moi à quelques chambres de là, c'était la mort.

Je finis par être transportable dans la nuit et suis en réa.

Là on ne fera rien de plus que de continuer à me remplir, de tout, de drogues, de liquides et surtout de sang, de plaquettes. 

Je recevrais 120 poches de sang divers au total, de quoi rendre jaloux tous les Vampires de la terre. 

On me remplit et j'atteindrais les 140kg, je ne suis qu'une boule avec des tuyaux de partout, et je continue à saigner.

C'est dans ce contexte que je vais débuter mon chemin vers le tunnel.

A ce stade, je ne suis consciente de rien, je m'étais juste assoupie après la césarienne.

Je me retrouve d'un coup consciente, légère et flottant dans un espace sans rien, pas de gens, pas de meuble, pas de noir non plus, je suis dans un rien, je ne sens rien, je n'ai pas froid, je n'ai pas mal, je ne pense rien, je ne ressens rien.

Je ne suis pas dans un temps, je suis juste là, avec la conscience aiguë que je suis moi.

Et ce moi, il ne pèse rien, je ne sens rien, ni le poids d'une main ou d'un doigt que je bougerai, ni celui d'une chevelure, juste moi, et je suis légère, tellement légère qu'on dirait que je flotte et même que je m'élève.

Et dans ce rien, ce non lumière, ce non sensation, sans question non plus, je distingue comme un truc, une lueur, je ne sais pas quoi, mais je sais avec certitude que c'est par là que je vais.

Aucune question, aucune révolte, aucune peur, le monde que je vivais s'est dissout dans ce rien, je n'ai pas de famille, pas d'enfant, pas de proches, ma vie, ma réalité à ce moment précis c'est ça, ce rien.

Je pourrais vouloir rester, je pourrais vouloir vivre encore, aimer encore, craindre encore. 

Mais non, cette pensée ne m'effeure pas un instant.

Il y a comme un petit fond vaguement de quelque chose de non sonore qui serait ma vie et mes proches, mais cela s'estompe, n'existe pas.

Je suis dans un détachement de tout cela, très doux et très évident et qui n'existe vite plus à mesure que je me sens devenir légère. 

Et il y a même peut être une forme d'allégresse qui commence à venir dans la montée.

Et brutalement, vient s'interposer devant moi une silhouette, je ne vois pas vraiment de visage, pas de trait précis, mais la forme est vaguement celle d'un homme, placé un peu au dessus de moi.

Il me dira distinctement : "Tu retournes d'où tu viens, ce n'est pas ton heure".

Je ne dis rien, je ne ressens rien, cela ne m'évoque rien, mais pfuiff, c'est la fin de ma période de conscience.

Je ne reprendrais pied avec l'autre réalité que 2 semaines plus tard.

Tout ceci est long à écrire mais n'a pas duré une millliseconde.

Je ferais d'autres expériences :

Me voici en réa, j'ai reconnu plus tard le décor en y allant.

Je regarde en bas un décor de chambre d'hôpital, je vois une personne et je sais que c'est moi, mais moi, le vrai, c'est celui qui regarde, le reste n'est que mon corps. 

Je vois les tuyaux, je vois les machines et tout d'un coup j'ai une distorsion de cette image comme si je regarde à travers un écran et que sur cet écran, ce qui en faisait un rebord carré s'étire en losange, puis en rectangle puis en carré.

L'image derrière continue à se jouer, mais en voyant ces déformations, je sais, je m'entends penser que c'est un choc, que les appareils vont sonner et que je vais partir.

Et les appareils se mettent ensuite à sonner, je regarde, sans surprise, ni émotion 

Et je suis là déjà en haut du coin du plafond à regarder l'infirmière entrer tranquillement et appuyer sur le bouton de présence dans la pièce, jeter un œil automatique à la machine et d'un coup changer de couleur et sortir en courant pour revenir avec le réanimateur, que je ne connaissais pas mais je reconnaîtrais de suite lorsque je le reverrais des mois plus tard.

Fin de cette nouvelle période de conscience.

Une autre fois, je suis dans le lit, je vois ce réanimateur se pencher sur moi en silence, se relever pour sortir de la pièce pour me regarder derrière la vitre.

Sauf que je me lève avec lui, le suis derrière la porte et la vitre et l'écoute dire au jeune qui me regarde aussi derrière la vitre :

"cela sent la mort, j'ai l'habitude".

Et moi, je ne ressens rien, je ne suis pas morte, puisque je suis là, à ses cotés.

Au bout d'une semaine, il a bien fallu enlever ces draps en espérant que cela ne resaigne plus.

Cela n'a pas resaigné et on m'a remis en état, j'ai fait pipi jusqu'à 14 litres par jour.

Ma gratitude est infinie pour ces soignants dévoués, pour tous ces inconnus qui donnent leur sang, pour tous ces travailleurs qui véhiculent des bilans, des traitements et qui sont maillon d'une chaine parfois imparfaite mais qui existe et nous permet de repousser les limites.

Après tout cela il a fallu se reconstruire, physiquement, émotionnellement, reconstituer ce vide de 1 mois sans les enfants, soutenir mon aîné à qui on a annoncé ma mort et l'aider à surmonter tout cela, pleurer de joie et de soulagement en donnant les biberons en chantant le boucle la chanson de Phil Barney, avoir un seul enfant de toi.

Et surtout chercher à comprendre l'historique, et ce qui m'était vraiment arrivé, de manière scientifique.

Je suis retournée dans les services, on m'a raconté chacun des anecdotes, je voulais faire la part entre les drogues, les rêves et cette autre réalité.

J'ai fait ce qu'on appellé en anglais une NDE near death experience ou EMI pour état de mort imminente.

Les progrès de la réanimation sont telles qu'il y avait à l'époque déjà plus de 1,5 millions de cas, des livres ont été ecrits par des médecins sérieux, des études scientifiques ont été menés, des facteurs de pronostic d'un meilleur retour identifiés, des caractéristiques physiques analysés pour éliminer des biais, des caractère émotionnels ou des concordances mis en évidence, il y a meme des séminaires et des congrès.

Statistiquement, les hémorragies de la délivrance font plus de NDE, sans doute parce qu'on réanime mieux des femmes jeunes et en forme avant l'accident, mais on peut se demander si l'injustice d'une telle mort fait qu'on s'acharne d'avantage à les réanimer ?

Il y a des NDE à tout âge, et un enfant de 3 ans a même pu confier qu'il avait pris l'escalier pour le ciel.

Le point commun à tous, c'est que c'est une expérience qui marque à jamais, et dont on se rappelle avec une précision implacable même des décennies après le moindre détail et que cette expérience est difficilement partageable, tenue secrète, voire jamais divulgée.

Mais cette expérience marque à jamais le début d'une grande émotivité mais aussi d'une grande certitude ancrée : les gens n'ont plus peur de la mort et ont un appétit de vivre immense.

Il y a un avant et après, bien plus violent que l'annonce d'un cancer par exemple.

Parce que cela chamboule tout et parfois cela s'accompagne d'autres effets.

Pour ma part, j'ai eu des pré-congnitions durant des mois. Et c'était très gênant, surtout vis à vis de la mort.

La cognition c'est la conscience de quelque chose, et pré cela veut dire avant.

Je savais avant ce qui allait se produire, un peu comme si j'avais l'info à la vitesse de la lumière et tous les autres à la vitesse du son.

J'ai demandé des nouvelles de la fille d'une infirmière qui m'avait soignée durant mon coma artificiel et demandé si elle allait mieux et si elle avait trouvé une nounou.

Elle a changé de couleur, car effectivement c'était le cas mais qu'elle n'en avait jamais parlé, et d'ailleurs, pas sure qu'elle m'aurait raconté cela avec tous mes tubes.

Je savais en parlant aux gens où etaient leurs vérité une seconde avant qu'ils ne la formulent eux mêmes.

Une amie m'a distinctement vue sortir de moi un soir que je m'élevais en écoutant une musique, par une lumière bleu, planant au dessus de ma tête, j'aurais aimé qu'elle en fasse une photo, pour voir et y croire, mais je me souviens bien qu'effectivement ce moment là je me suis sentie m'élever à travers la musique.  

Le plus dur a été de gérer les pre-cog vis à vis des morts, je ne voulais pas percevoir cela, je ne crois pas à tout cela.

Je suis une cartésienne dans l'âme mais je constate des faits et je les analyses car elles ne peuvent ni être niées, ni être  gommées

Et par chance, ce phénomène a fini par s'amoindrir et n'être plus au fil du temps qu'une tendance qui pourrait passer par une belle intuition, et encore de temps à autre.

Voilà mon expérience, qui se résume au constat que quelque soit ce qui nous fait avancer ou pas dans la vie, on tisse des liens, on pense des choses

Et que la mort c'est autant la peur de ce qu'il peut y avoir après, l'inconnu, que la rupture de ces liens que l'on tisse donc la perte du connu.

On a peur de perdre ce qu'on a, on a peur de ne pas finir, peur de ne pas avoir eu assez de vie, de belle vie.

Et on peut aussi détester la vie qu'on a mais sans pour autant perdre la peur de la non vie.

Or je ne peux que constater qu'au moment qu'on croit ultime, ces liens tombent d'eux mêmes pour nous donner une grande liberté d'être.

Nous nous croyons complet avec ces liens, de fait nous le sommes sans, dans ce qui sera le non-vie.

Ce passage d'une vie de lien, à un non-vie sans lien, il se fait tout doucement, en douceur, il ne faut pas le craindre

Et quand bien même on le craindrait, il faudra passer par là.

Je ne sais pas ce qu'il peut y avoir apres ce non-vie: 

La mort ? La renaissance ? Un paradis ? Ou rien ?

Je ne sais pas mais cette expérience me rend confiante.

Et puisque ce n'était pas mon heure, je veux profiter de cette vie qu'il me reste.

A vous les studios. 

Celles qui ont vecu cela peuvent raconter en commentaires leur propre expérience et ce que cela a changé pour elles 

 

 

 

 

 

 

 

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9 mars 2016 3 09 /03 /mars /2016 18:03

Alors je rappelle les données :

Sachant que en moins d'une semaine j'ai perdu 2kg, que c'est pas loin de 5% de mon poids actuel, que j'ai maintenant moins de kilos sur la balance que de bougies sur mon futur gâteau, devinez l'âge du capitaine Haddock et le poids du petit Milou.

Je récupère les copies dans 1 demi heure.

Après mon propre constat d'hier, la diététicienne fait le même bilan et me gâve mais cela me coupe l'appétit et me colle l'effet foie de Noël donc on a convenu d'un maximum de grignotage en plus de mes plateaux, et un complément protéiné de 300kcal par jour pour la nuit.

Il me faut des protéines un max : de la viande, des abats, de la charcuterie, du fromage, du poisson et des fruits de mer, des œufs.

Le reste, c'est en plus si je veux : gâteaux, biscuits, pâtes, riz, bonbons, chocolat etc.

L'objectif c'est d'avoir plus que 1800 kcal par jour et j'en suis loin

Je déclare donc officiellement ouverte l'opération Gavez Moi. L'option Gâtez Moi est possible. L'option Grattez Moi est interdite, à cause des cicatrices.

Elle est ouverte à toutes les personnes de bonne volonté qui voudra participer, qu'elle me connaisse ou pas. Celles qui pour divers raisons ont déjà mes coordonnées peuvent directement poster, les autres peuvent contacter Valérie C qui a laissé son mail dans les commentaires du post précédent ainsi que Machamaya sur Ravelry. Martichat a aussi laissé son mail, je crois.

Merci donc pour ce relai et cette chaine qui se forme, c'est magnifique.

J'ai prévenu le Cher et Tendre pour qu'il fasse le facteur de notre boîte à moi et je l'ai senti soulagé de n'avoir pas à faire des déplacements supplémentaires en ce moment.

J'ai aussi bien vu s'allumer dans son regard l'étincelle de la gourmandise, masqué par un pudique "les enfants vont pouvoir en profiter", hihi, ne soyons pas dupe.

Et je voulais partager avec vous le premier envoi, arrivé dans ma boîte hier midi et hier soir à mon chevet.

Oui, une lettre qui est partie avant même que je ne lance dans ma tête cette opération. 

 

Opération Gavons Bao

Cette lettre vient de ma maman, qui de loin avait fait le même constat et en était parvenue à la même conclusion.

Elle a mobilisé ses petites forces de convalescente pour aller jusqu'à la boîte à lettres.

Je vous montre :

Opération Gavons Bao

Ce que j'ai pris pour un marron glacé ensacheé (Miam, regal par anticipation) s'avère être un sachet de pur ginseng, j'en ai pour des semaines de pur santé 

Pour le goût, hum, disons que c'est du pur, un truc comme de recevoir un petit flacon d'huile de foie de morue concentrée.

Mais entre rire jaune et consternation de la mini gourmande, je suis touchée par son geste qui anticipe celui que je vous demande.

Bonne soirée et coucou spécial à Cécile qui m'a accordé son pardon et accepté le mien en retour.

Je précise aussi que je n'aurais pas la force de faire forcément, ni systématiquement les photos de vos envois, et la discrétion est aussi un bel écrin pour les gestes du coeur.

Mais j'en ferai.

Je vous demanderai juste de bien penser à me noter clairement vos coordonnées postales soit sur l'enveloppe ou le colis, soit dedans.

Un grand merci à toutes

 

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8 mars 2016 2 08 /03 /mars /2016 17:52

Je voudrais demander pardon à celle dont je parlais dans mon message d'hier, sur sa remarque.

Hier je voulais parler de mon érectabilité mais je voulais aussi laisser parler mon irritabilité.

J'avais parfaitement saisi le sens de la remarque et compris que derrière cette petite maladresse, il y avait surtout de la peine pour moi, l'envie pour moi d'un retour à la normale. Que c'est un geste d'attention et d'affection.

Sauf que j'ai voulu faire ma contrariée pour toutes les autres maladresses que j'avais pu recevoir et qui étaient bien pire.

Que j'avais envie de râler pour toutes les fois où les gens oublient qu'il importe moins que les choses soient dites, non, il importe plus qu'elles soient entendues. Quitte parfois à se taire momentanément 

Et j'ai été la première à déroger à la règle et j'ai blessé en retour d'un geste gentil.

Je m'en excuse humblement pour cela. Mon état peut expliquer cette note d'humeur mais pas l'excuser.

Le pardon appartient à l'offensée, qui est libre ou non de me l'accorder.

Il y a aussi un point qui explique mon humeur d'hier, c'est que le sujet du tunnel est un sujet sensible et très intime et dont je ne parle qu'avec parcimonie et qui peut changer le regard que les autres portent sur vous, je l'ai vécu des tas de fois.

Je prends donc mon élan un sacré moment et au moindre souffle suspect, je me referme comme une huître.

Ce mouvement d'humeur était juste un prétexte, mais je sais que j'ai pu être blessante.

Je contrôle encore imparfaitement mes pensées et mes émotions, je ne trouve plus le bouton off et une pensée positive ou négative peut me tenir éveillée jusqu'à 4h du matin.

C'est totalement imprévisible et parfois totalement anodin.

Aussi, je dois m'isoler encore jusqu'à ce que cela revienne à la normale. Mais ma décision est prise.

Bien que je n'aime pas parler de ma vie privée, ni dévoiler sur un espace publique de l'intime, je vous parlerai de mon histoire et de mes passages dans le tunnel.

Votre élan d'amour et d'amitié, intense et spontané, tant celles que je connais en vrai ou juste en virtuel, mais tout autant celui des illustres et nombreuses inconnues m'incite à me sentir en confiance.

Vous commencez à me connaître et me percevoir même dans ce que je dévoile pas et vous le respectez, voire vous l'appréciez.

Mes propos, fuissent ils sur un espace public, resteront un peu en territoire de bienveillance.

Mais je le fais surtout parce que c'est dans la démarche de ce que je suis.

J'ai à coeur de partager ce que je sais pour que le monde puisse être plus doux. Je partage mes avis sur des ouvrages, je vous donne mes petits trucs pour gagner du temps, je fais des tutos pour vous aider à comprendre plus aisément ce que j'ai mis du temps à comprendre.

Je n'ai pas la prétention de savoir, de dire ce qui doit être fait, où est la norme. J'ai juste le désir de transmettre une expérience et du vécu, en toute sincérité et surtout en toute simplicité.

Or si j'ai un peu d'expérience et de sérénité sur un sujet aussi universel que la mort, qui touchera chacune d'entre vous par le biais d'un proche d'abord avant de vous toucher vous, si je peux en parlant vous apporter le fruit de mon expérience et de mes lectures scientifiques sur le sujet et vous dire que non, il n'y a pas à craindre la mort, pourquoi vous priverais je de ce qui peut être une clé libératoire possible ? Donc j'en parlerai mais il me faut du temps et reprendre mon élan, je veux en parler au mieux, ni trop court, ni trop long, sans oublier que poster d'un téléphone c'est juste galère.

En attendant, j'ai des tas de projets, d'idées et je carburais sur l'idée que comme mon anniversaire était aussi passé à la trappe, que je n'aurais pas pu manger de gâteau de toutes manières, que vu que j'ai actuellement j'ai moins de kilos que mon âge, je lancerai bien une action nommée "gavons Bao" (oui, je m'appelle comme ça pour celles qui ne le savaient pas encore, et qui éclaire le B de mon pseudo) avec des envois de petits mots, de petits cadeaux tout symboliques pour me faire grossir et aller mieux, des trucs pas chers forcément, des herbes aromatiques de votre jardin pour agrémenter mes plats, quelques biscuits faits maison, un pain d'épice, un vrai saucisson sans peau en plastique, une conserve de votre région, un fromage, 2/3 sachets de votre thé de chez Carrefour ou premier prix ou de luxe, juste pour que un matin je puisse en boire en pensant que vous aussi avec moi on partage quelque chose, tout en  simplicité, pas besoin d'en faire des tonnes. Et moi, j'aurais en retour des trucs à offrir aussi, mais je devrais me limiter à un renvoi sur quelques personnes à peine, à tirer au sort.

Puis je me suis dit que cela allait coincer car je n'ai pas envie de donner mon nom et adresse sur mon blog, que je n'allais pas avoir l'énergie de faire plus de 10 messages privés pour donner mes coordonnées. Certaines mes connaissent sur Ravelry, mais toutes n'y sont pas et je veux que cela reste un acte spontané, qui sorte du coeur et puisse être à la portée de toutes les bourses, sans course à qui fera le plus gros colis.

Je suis donc coincée par mon anonymat !!!

Donc cela risque de rester juste mon joli rêve à moi. Mais c'est un joli rêve qui me réchauffe déjà. Et qui au passage m'a empêché de fermer l'œil, quel joli paradoxe.

Merci à vous de me laisser penser que cela puisse être possible par la sensibilité dont vous faites preuve

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7 mars 2016 1 07 /03 /mars /2016 12:37

L'une d'entre vous a dit qu'elle préférait quand je parlais tricot... Ben, c'est bête, mais moi aussi, j'aurais préféré ne pas vous faire mal aux yeux avec mes histoires de santé.

Je voulais parler de la mort et du doux passage dans le tunnel. Tant pis. Y a trop de tabou encore. 

Je ne vais pas me taire surtout sur mon blog mais il y a des conditions pour confier des choses intimes même si elles sont   fondamenement universelles

Alors on va changer et parler culture et d'histoire, de la destinée humaine, de ces grands singes descendus de leur arbre un jour dans la grande vallée du Rift, quelque part en Afrique.

Et qui un jour, d'Australopithèque-notre-chère-Lucy, a glissé subrepticement vers la lignée des Homo ( pas le transgenre, l'autre Homo), c'était il y a 2,8 millions d'années.

Il est devenu Homo Sapiens, l'homme Sage, ou plutôt l'homme moderne

Puis il est devenu Homo Habilis entre 2,1 et 1,5 millions d'années. Il lui a donc fallu au moins 700 000 ans pour utiliser ses mains et fabriquer des outils, les bifaces, pour devenir acteur sur son environnement et ne pas se contenter de ramasser ce qu'il lui faut autour de lui. 

Puis il est devenu Homo Erectus entre 2 millions et 300 000 ans avant JC, c'est à dire qu'il s'est mis debout, libérant définitivement ses mains pour s'en servir, et prendre de la hauteur sur les choses. Pour se relever, il lui a fallu plus de 800 000 ans

L'homme de Tautavel ou Homo Heidelbergensis est le premier Homo à enterrer ses morts donc à être conscient des questions existentielles et à accorder la notion de dignité aux morts au lieu de les laisser mourir au bord du chemin, il a donc par extrapolation la notion de vie, de mort, d'accompagnement et donc d'amour et de sentiment d'humanité. C'était entre 450 000 et 300 000 ans avant JC, soit 2 millions d'années pour se vivre humain après l'être devenu physiquement.

Et ce n'est que 8000 ans avant JC que l'homme s'est sédentarisé cessant d'être un nomade vivant au jour le jour.

Il découvre alors l'agriculture er se met à produire ce qu'il mange et ce dont il peut avoir besoin, il travaille avec la nature qui l'entoure et découvre la valeur du temps meme s'il en etait déjà conscient.

De cueilleur, il devient bâtisseur et tout s'accélère alors.

Les villages apparaissent et les premières civilisations s'établissent dans le croissant fertile, l'actuelle Syrie et en Égypte vers 3000 avant JC.

Puis l'écriture apparaît qui permet de garder des traces mais surtout de transmettre. On quitte la Préhistoire pour l'Histoire

En moins de 1000 ans, l'homme va bâtir des civilisations qui durent encore aujourd'hui.

Et va créer un monde où la religion va façonner des cultures et des comportements.

Ce monde vivote et la population mondiale reste disparate et reste limité à 1 milliard d'habitants jusqu'à ce que surviennent il y a 150 ans à peine la première puis la seconde révolution industrielle.

En moins de 100 ans, apparaissent l'électricité, l'automobile, le téléphone, les antibiotiques et en moins de 50ans, l'homme double son espérance de vie, multiplie par 6 sa présence sur cette planète et grimpe jusqu'à la Lune, tout en redevant sur Terre un cueilleur qui cueille ce dont il a besoin dans les rayons des supermarchés.

Voici en quelques lignes raccourcis le parcours de l'Homme et son parallèle avec le temps nécessaire de chaque étape.

Et cette évolution est inscrite dans nos gènes : à la naissance, un bébé sait marcher avant d'oublier.

Il a fallu 800 000 ans pour qu'Homo s'érecte, il faudra à peine 1 an à 1,5 ans pour ses descendants.

Et moi, il m'a fallu une semaine pour me remettre debout ce midi.

Un petit pas pour l'homme mais un grand pas pour moi.

Pour celles que cette longue tartine n'a pas rebuté, je vous invite à lire Yves Coppens pour ce qui est de là Préhistoire et découvrir la Taxinomie qui est la classification des espèces.

Et pour les autres, là vous avez vraiment maintenant le droit de dire que vous préférez quand je cause tricot, mais va falloir être patiente.

Fin de la minute - pardon, quart d'heure- culture.

À vous les studios

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5 mars 2016 6 05 /03 /mars /2016 12:35

On pourrait presque y croire.....

Le soleil qui éclaire un plateau léger, le soleil sur les murs blancs de la pièce et qui vient chauffer mes cuisses

Rayon de soleil
Rayon de soleil

Je suis quelque part, en congés de ma vie, loin de la maladie, de la souffrance, des Maman, j'ai peur que tu ne reviennes plus jamais

Il suffit de goûter au plateau, de regarder 10cm plus haut, de bouger d'un ou 2 cm et tout revient à l'esprit et irrémédiablement au corps

Je ne veux rien savoir que ce rayon de soleil

Je veux profiter encore 5 minutes avant de devoir appeler l'infirmière parce qu'il sera devenu trop chaud et qu'il faudra chasser le rêve

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27 février 2016 6 27 /02 /février /2016 09:13

Par quel étrange paradoxe, alors que je n'ai pu publier des articles depuis quelques temps, ai-je autant de visiteurs ?

Merci donc à celles qui m'ont Facebookée malgré moi.

Voici quelques nouvelles :

Ma première intervention s'est bien passée et je me remettais doucement.

Je suis allée voir ma mère qui était alitée.

Sur place, je me suis découvert une anomalie et je suis allée consulter.

La machine s'est accélérée et j'ai été hospitalisée quelques jours avec une petite intervention, étant trop proche de la première pour envisager plus. Mais une fois rentrée, tout est revenu rapidement et je me suis fait rapatrier chez moi pour envisager la grosse intervention qui aura lieu ce mardi.

Je rentre demain en hospitalisation pour les bilans nécessaires et serais donc absente de ce blog un certain temps.

Mais je suis sereine maintenant et me prépare et je vois la beauté partout

 

Demain peut être

Je trouve cela beau, lisse et doux comme des galets.

Ce n'est pas bien bon mais cela fait du bien.

Je me recentre sur ma famille.

Le Cher et Tendre est un roc.

Mon ado â grandi d'un coup et je vois en lui un potentiel de roc.

Mes petits sont ma bouffée de fraîcheur que je veux partager avec vous pour vous dire au revoir et à bientôt :

Ces derniers temps étant mouvementés, nous avons comptés sur les Tontons et Tatas pour leur offrir leur cadeau d'anniversaire. Mais l'un des jumeaux se questionne :

-"En fait, Papa et Maman ne nous ont pas fait de cadeau ?

Et l'autre de réfléchir 2 secondes et de rétorquer :

-"Mais si, ils nous ont fait un cadeau !

- Ah ??

- Ben oui, ils nous ont fait le cadeau de l'amour."

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8 février 2016 1 08 /02 /février /2016 13:42

Je n'ai presque pas de retard pour vous présenter ce test knit tricoté pour Mam'zelle Flo, modèle sorti pour le salon l'Aiguille en Fête, qui s'est tenu depuis jeudi dernier à hier à la porte de Versailles, Paris.

Ce modèle est le fruit d'une collaboration avec la boutique La Bien Aimée, elle même extension de l'Osivethé dans le 13ème à Paris, qui maintenant produit ses propres fils, nommés La bien Aimée et qui se décline en plusieurs qualités qu'il me tarde de connaître.

M, le nom du châle, évoque Aimée, le nom de celle qui tient l'Oisivethé et est un rappel du W (Double You) autre modèle de Mam'zelle Flo.

M est un châle tout en mousse, de forme triangulaire et dont la construction est originale.

On débute par la bordure en Icord, qu'on tricote sur des tas de rangs.

Puis on relève des mailles sur cette Icord et on démarre la pointe d'un triangle, en faisant 2 rangs dans une couleur et 2 rangs dans une autre couleur pour faire des rayures.

Ces rayures vont aller en s'élargissant sur un côté et au bout d'un certain nombre de rangs, on interrompt par des jetés de la couleur de l'Icord.

On reprend ensuite les rayures de mousse et on refait des jetés de la couleur de l'Icord.

On fait cela en tout 4 fois pour avoir 4 sections.

On reprend ensuite les mailles sur le côté sans Icord et on fait des raures de mousse mais plus larges, séparées par une rayure couleur Icord.

Et on finit par une bordure en jetés.

Le châle se tricote en 3,75 et il nécessite 238m de la couleur principale 1 ( celle des rayures ), 201m de la couleur principale 2 ( l'autre couleur de rayures ) et 100m de couleur contrastante

Soit un un total de 539m.

Mes laines sont des (Vi)laines en single, 100% mérinos, couleurs Griffer le tableau noir un noir pas tout à fait noir et Un après midi dans la bruyère un marron violet très sombre.

M, le châle

J'aime beaucoup ce constraste de sombre mais il fallait la réveiller avec un couleur vive, ce sera un rose piquant, Dragonfruit de Lilou, déjà utilisé avec mon Doodler ( que je réalise que je n'ai pas encore montré ici )

M, le châle

Vous voyez donc comment se construit le début du châle.

On va donc continuer à rythmer le châle entre rayures et troutrous

M, le châle
M, le châle

Et on va pouvoir faire ainsi des bandes

Et comme sur un arbre, grace à ces bandes, je vais pouvoir situer à quel moment j'ai été hospitalisée et quel moment j'ai fait une vitesse de 10 mailles par 10 mailles.

J'avoue que le fait que cela ne soit que du mousse, qu'il y avait peu de mailles à chaque fois sur l'aiguille a contribué à ce que je puisse le poursuivre.

Voici ce que cela donne avant de changer de direction de tricot

M, le châle

J'ai du faire une petite modification :

J'ai tricoté mon Icord en 3,75 et je l'ai bien tricotée serrée, donc pour relever 1 maille par rang rendait ma bordure ovale.

Pour la dernière section, j'ai relevé 1 maille 1 rang sur 2.

Cela va rendre mes rayures roses plus parallèles entre elles.

On va retricoter ensuite de l'Icord à partir du bas droite de mon image et relever les mailles depuis cette Icord vers la partie horizontale haute de ma photo

Et hop

M, le châle

Et voilà le châle fini

M, le châle
M, le châle

Je ne l'ai pas mesuré mais il fait dans les 38cm de haut et dans les 2 m de large. 

M, le châle
M, le châle
M, le châle

Si je n'avais pas été hospitalisée, j'aurais sans aucun doute fait une Icord bicolore et des sections de jours de couleurs très variés, tôt comme j'aurais pu alterner les rayures mousse de différentes couleurs, voire même fait en arc en ciel

J'ai mis sur ma page project de Ravelry le détail des grammes utilisé pour chaque section. Vous pouvez en vous inspirer.

J'avais aussi dans l'idée de rajouter une section mousse rayée supplémentaire pour le rendre plus profond, ou y ajouter une bordure dentelle.

Il restera comme ça et je me félicite d'être partie au travail avec mon sac à ouvrage, on ne sait jamais...

Voici une photo en mode portée.

M, le châle

Comme vous pouvez le constater, je me lève maintenant un peu.

Pas longuement, et certains jours, je dors toute la journée.

Cela suit son cours, mais jamais de manière linéaire et jamais très rapidement.

Mais je reste optimiste.

Assez parlé de moi, parlons de M ( non pas le chanteur à la coiffure décoiffante, le châle )

C'est un modèle qui sortira dans quelques temps maintenant, mais si vous êtes sur Paris, vous pouvez sans doute allez chez la Bien Aimée.

Il est en français et payant.

Voici la version de Mam'zelle Flo, en mérino Single, 366m pour 100g, de La Bien Aimée

M, le châle

Voici 2 versions que j'aime bien et dont les couleurs auraient pu être sur mes aiguilles

Version Bountynette

M, le châle

Et version Asdecoeur, qui donne une idée d'une version masculinisée

M, le châle

Pour voir la galerie des autres testeuses, c'est par ici : M

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3 février 2016 3 03 /02 /février /2016 16:53

ilha Formosa était le nom donné par les Portugais pour désigner l'île de Formose, ou Taïwan, en souvenir de leur impression en découvrant l'île : Ilha Formosa veut dire belle île.

C'est aussi le nom du dernier ebook de 6 modèles de Yellowcosmo.

J'ai pu en tester 2 et comme il est sorti hier, c'est l'occasion de dégainer les photos.

Les 6 modèles sont déclinés sur une base d'un même motif de dentelle et torsades.

Il y a le châle en dentelle fil lace : Qilian

Le col en laine Sport : Pavali

le bonnet assorti en laine sport : Pali

le Châle étole en DK : Wulai

2 gilets, l'un en DK : Vedai et l'autre en Worsted : Taroko

Les noms sont tirés de l'ancienne langue taïwanaise et comme vous pouvez le voir, il y en a pour toutes les tailles de fils ou les styles.

C'est une collaboration avec les fils Malabrigo, donc de la Lace, du Sport, de l'Arroyo, de la Rios

Pour ma part, le choix est vite fait, je suis dentelle fine et vais tester le Qilian, mais avec une laine 100% cachemire, un fantasme dès le moment où j'ai mis ma paume et mes bouts de doigts sensibles sur l'écheveau.

C'est de la Hedgehog, Lace, 400m pour 50g dit Ravelry, mais annoncé à 40g sur l'étiquette que j'ai, coloris Implode

 

 

Ilha Formosa

Je ne savais pas qu'on pouvait repousser toujours les limites du doux !

Cette laine lace est une pure merveille : très très légère du fait de son type de fil, mais pas fin à cause du halo spécifique au cachemire, il ne glisse pas sur les aiguilles mais n'accroche pas non plus, donc c'est très confortable à tricoter.

Pour ce qui est de la douceur, le cachemire c'est mousseux sous les doigts et cette laine est gonflante.

J'adore, malgré son prix.

Et la couleur me sort de ma zone de confort, ce sont les couleurs un peu terreuse comme on en trouve chez Hedgehog : un gris, bleuté et violet par endroit avec des traces de terre marron, le toux très harmonieux.

Le châle se tricote en 3,75mm, c'est un châle dit crescent, avec une partie jersey et une répétition de 4 fois le motif de la collection et un motif de bordure.

Il y a des explications écrites et une grille.

La dentelle se tricote uniquement sur les rangs endroit.

Ilha Formosa

Le modèle a 2 tailles et demande 420m de fil pour la petite version. J'ai donc en toute logique manqué de fil, j'ai donc décidé de modifier la bordure pour la rendre totalement différente, tout en respectant le test knit.

Voici la bordure initiale de Yellowcosmo

 

Ilha Formosa

Pour ma bordure, j'ai tricoté les rangs 1 et 2 de la bordure avec les aiguilles 3,75 puis toutes les autres en aiguilles 4.

Au rang 5 j'ai introduit de l'Alpaca de la Droguerie, toujours histoire de mobiliser mon stock ancien. L'alpaca est plus épaisse, c'est de la fingering en 3,5 mais cela passe sur de la dentelle. La couleur est A travers Champ

J'ai donc tricoté en marron les rangs 5 et 6 et en violet les rangs 7 et 8. Puis encore en marron les rangs 9 et 10 et en violet les rangs 11 et 12. Et encore en marron les rangs 13 et 14.

Et là, normalement, il me fallait rabattre, mais j'ai refait un rang 15 en violet, en suivant le motif des rangs précédents, pour bien centrer les mailles doubles diminutions.

Et là comme j'étais à court de violet, j'ai rabattu avec des picots en rang envers, le 16 donc, avec un reste de Supersoft de Holstgarn coloris Hyacynth, utilsé pour un ginkgo Shawl en test justement pour Yellowcosmo.

Au total, il m'a fallu 40g de Cashmere lace, donc 360m, 13,4 g d'Alpaga soit et 8g de Holstgarn soit, total 456m

 

Ilha Formosa

Cela donc non seulement définir un changement de couleur et de texture mais cela va aussi donner une bordure en picot et 3 rayures marrons

Ilha Formosa

Cela va surtout redéfinir visuellement le motif de dentelle.

On y voit apparaitre un rond

Ilha Formosa

Hum, j'en vois des septiques.

Là, voyez vous mieux les ronds de la dentelle ?

Ilha Formosa

Bon, pour ceux du fond, qui ne voient pas bien, encore une photo de la partie dentelle, où on ne peut rater les ronds

Ilha Formosa

Petite galerie de photos, pas en mode porté, juste pour le plaisir des yeux et après , je vous montre le second ouvrage de la collection

Ilha Formosa
Ilha Formosa
Ilha Formosa
Ilha Formosa
Ilha Formosa
Ilha Formosa
Ilha Formosa
Ilha Formosa

Voici maintenant le second ouvrage testé, un bonnet un peu tombant, sloochy. Le modèle se tricote en 3,75 et 160m de fil.

J'ai utilisé de la Coriandre, de Graine de Laine, 70% Mérinos, 30% Angora, soit un peu moins de la moitié d'un écheveau, 147m, couleur Ciel d'orage.

Ma laine étant un peu plus épaisse ( 300m pour100g) j'ai fait la bordure de côtes en 3,25 et le reste en 4mm pour mieux mettre en valeur le motif, et les poils de laine, contenant de l'angora, va faire office de gardien de la chaleur.

Le mélange est très doux, ne pique pas et les couleurs sont plus fondues, il ne perd pas ses poils.

Je ne comprends pas qu'on n'aime pas l'angora ??

Là encore, on reprend le motif dentelle - torsade, sur 4 répétitions de motifs

Ilha Formosa

Le voici avant d'être porté ( et de couper le fil )

Ilha Formosa

Il a été offert à ma tante, de passage, qui avait justement perdu le sien quelque part dans les transports.

Le voici porté par elle.

Ilha Formosa
Ilha Formosa

Et vraiment, il lui a plu vu qu'elle sort avec dans la rue

 

Ilha Formosa

Modèle Pali, en anglais, payant, avec explications et grille pour la dentelle.

Tous les modèles de l'ebook peuvent être vendus séparement ou ensemble à travers l'ebook Ilha Formosa.

Le châle en dentelle Qilian ( cliquez sur le lien)

L'ebook Ilha Formosa

Et voici un aperçu des autres modèles, reprenant tous le motif initial

Ilha Formosa
Ilha Formosa
Ilha Formosa
Ilha Formosa

Et juste un petit mon sur ma santé : je suis ravie d'être à la maison et rassurez vous, je ne fais que me reposer, je me lève à peine et suis très très entourée. J'ai beaucoup de chance.

Merci merci.

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2 février 2016 2 02 /02 /février /2016 19:02

Lorsqu'on tricote pour les enfants, on est confronté, outre le choix du modèle, au bon choix de la laine.

Il faut une laine résistante et qui passe en machine, qui éventuellement ne coute pas un bras vu comme ils grandissent vite.

La présence de l'acrylique est un plus dans cette équation.

Sauf que l'acrylique ce n'est pas très chaud et qu'un pull, c'est quand même fait pour avoir chaud. Et que l'acrylique, ben moi, en terme de rendu cela ne me passionne pas, avec mes habitudes de laines teintes à la main.

Sauf, que de l'acrylique, on en a toutes en stock et qu'il serait utile de l'utiliser.

J'avais donc 6 pelotes de marque, de composition et de métrage inconnus, contenant surement un peu d'acrylique au toucher et peut être un zeste de laine.

La couleur est un blanc, légèrement chiné de gris.

Il doit à vue d'oeil se tricoter en 3,5.

Harvest

Je me suis dis que ce serait sans doute un chouette défi que de tricoter mes vieilleries, mais sans qu'ils aient l'air de vieilleries sortis du stock de Mamy.

Donc pour conjurer l'effet unicolore même en chiné, il me fallait ajouter une autre laine.

Et pour rendre chaude une laine, rien de tel qu'y adjoindre un peu de mohair. Bref, l'effet Alpaga plumette mais sans alpaga.

Un effet Acrylique Plumette à vrai dire.

Donc c'est parti pour de la Plumette de chez la Droguerie, 70% mohair et 30% nylon, super pas cher, à 100m les 10g et environ 2,20 € les 10 g

Harvest

Cela ne se voit pas très bien mais cette plumette couleur tourterelle est légèrement violette.

Et le mélange change complètement la couleur initiale et lui donne un aspect de couleur non unie.

Harvest

La plumette ajoute de suite un halo autour de la laine et mon beau frère trouve cela très très doux au toucher ( il n'a jamais touché les laines que j'ai en stock non plus).

J'aime comme on passe d'un gris jaune à un beau gris doux en y ajoutant du violet !

Parlons maintenant du modèle : j'ai choisi Harvest de Tincanknit, un modèle gratuit en anglais qui va de la taille naissance à 4 XL.

Il se tricote en aiguilles 5 pour le corps et en 4 pour le bas. 

C'est un gilet sans couture, qui se tricote depuis le col, en top down, en simple jersey, avec juste une grosse bordure de mousse de chaque côté et des bandes mousse en bas.

J'ai fait la taille 3 à 4 ans, pour une nièce de 2 ans, mais soit cela taille petit, soit ma nièce taille costaud.

Je trouve que tous les modèles en 5 en sont pas forcément compatibles avec le gabarit des petits de cet âge, mais celui ci colle bien.

Et pour un cadeau de dernière minute dans la hotte de Noël, c'est parfait.

J'ai utilisé un peu plus que 2 pelotes, soit à vu de nez entre 220 et 300m de chaque fil.

Voici les photos faites par ma soeur, publiées avec son autorisation

Harvest
Harvest

Voici le dos

Harvest

Et le voici porté par ma délicieuse petite nièce

Harvest

Et j'aime cette bordure mousse qui s'adapte aux épaules peu larges et tombantes des enfants de cet âge, sans leur faire d'épaules de déménageurs, tout en tenant bien malgré tout en place

Harvest

Comme je vous le disais, ce modèle est fait pour être porté à tout âge. Et il pourrait même être mixte.

Jugez en

Harvest

Et version adulte

Harvest
Harvest

J'avais déjà tricoté du TinCanKnit avec le Flax.

Les explications en anglais sont très claires et permettent de comprendre le principe de pull ou de gilet top down. La plus part de ses modèles sont gratuits et se tricotent en 5, en multi taille et mixte.

Bref, un grand classique que cette créatrice. Je recommande.

Pour le modèle Harvest, cliquez sur ce lien Harvest

Voilà, j'espère vous avoir convaincues qu'on pouvait tricoter de la laine vintage sans paraitre ringarde et que vous allez regarder ces pauvres acryliques autrement.

Pour ce qui est de la santé, je suis revenue depuis 2 jours chez moi.

La convalescence est très longue et je suis quasi couchée toute la journée.

Cela me permet de finir des petits ouvrages qui attendaient encore et de mettre à jour mon blog et mes photos et cela tombe bien car il y a des sorties de modèles qui arrivent.

RDV demain si je ne suis pas souffrante.

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  • systemeb
  • le tricot est une passion dévorante, alors pour en parler des heures sans lasser les proches, j'ai ouvert ce blog
chers visiteurs, soyez prévenus, je serais intarissable. Mais n'hésitez pas à me laisser vos coms je partage volontiers mes petits
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