J'ai eu un peu plus d'énergie, assez pour vous écrire un article et vous faire voyager.
J'ai eu envie de vous faire partir au soleil mais aussi dans le temps.
Je suis allée à la fête de l'olivier dans la ville voisine.
J'ai la chance d'habiter dans une région qui est la 2ème région oléicole de France et qui possède 41 moulins à huile.
Malgré les rivages et la mer toute proche, on y fait quand même pousser 700 000 oliviers.
L'olivier est un arbre qui symbolise la paix mais aussi la sagesse, la tempérance et la patience.
Ses branchages servent à couronner. Ses fruits servent à table, mais aussi à la fabrication de l'huile.
Celle ci reste une fabrication artisanale et identique à celle d'antan.
Seuls ont changés les matériaux et la motorisation des meules et des presses.
Après la cueillette, les olives sont broyés dans une meule en pierre ou en inox, avec leur noyau.
L'ensemble forme une pâte marron qui est ensuite déposée sur des galettes de fibres qui sont empliées les unes sur les autres.
L'ensemble est ensuite pressé pour en extraire l'huile, dite première pression à froid.
Le reste de la pâte va au compost.
Ce jus, à la coloration verte, est mis en bassin de décantation pour séparer l'huile des déchets qui persisteraient.
Le lendemain, l'huile est séparée des déchets en versant de l'eau.
L'eau tout naturellement va soulever l'huile qui sort du bassin de décantation et va couler dans des bouteilles ou des futs.
Les déchets sont mis à bouillir pour en extraire l'huile qui va servir comme huile de moteur.
L’huile de moindre qualité était employée dans les lampes à huile.
Le reste de l’huile servait à faire du savon.
Le Sieur Pierre Rigat s’est vu délivrer une patente royale par Louis XIV pour installer la première savonnerie en France, à base d’huile d’olive.
Hélas, il fit faillite au bout de 2 ans et la patente fut reprise par la ville de Marseille qui développa par la suite le fameux Savon de Marseille, avec le succès qu’on lui connaît.
Le savon a donc failli s'appeler le Savon de Toulon.
Plus tard, la culture de l'olivier connu un terrible hiver. En effet, en 1709 les chataigniers et même les oliviers de Provence gelèrent.
Les paysans se tournèrent vers la sérisiculture ou culture du Ver à soie.
En effet, les nobles prisaient la soie, mais son importation d'Asie la rendait fort couteuse.
Henri IV par le biais de son agronome, Olivier de Serres, implanta en France la culture de l'animal, dont l'aliment était la feuille de murier ( d'où le nom Mulberry silk ou soie mulbère )
Lyon était réputée pour ses métiers à tisser et à proximité l'Ardèche a vu s'implanter des plantations de murier et on peut encore visiter aujourd'hui des magnaneries. J'ai visité celle de Lagorce qui depuis a fait peau neuve.
Si vous y allez, faite aussi un crochet pour visiter Ardelaine ( article sans photo, j'ai tout perdu) mais voici le site
La chaleur de la région méditerranéenne était un atout et les arbres se sont dévelloppé ainsi que la production de soie dans la région.
Hélas, le murier est un arbre caduque qui perd ses feuilles en hiver, il n'y donc plus de nourriture pour les vers, au contraire de l’Asie où le feuillage pousse durablement.
L’activité a donc décliné.
Aujourd'hui, l'activité tourne autour de la vigne, le rosé, les fleurs et la mer.
Cette fête de l'olivier est donc une fête qui celèbre un patrimoine, culturel, gastronomique mais aussi un héritage de labeur où l'homme a su vivre de ce que lui apportait la nature et faire fructifier une terre souvent aride l'été.
Elle est l'occasion de réunir des gens de diverses générations sur un week end entier, autour d'activités, d'expositions et de stands, de nourriture et pas que de l'olive, beaucoup de jeux pour les enfants et d'une reconstitution d'un village provençal d'antan.
La reconstitution d'une petite maison, avec ses habitantes en tenue traditionnelle
Avec le sourire en prime
Mais moi, j'ai vu ce que tenait la petite dame dans sa main et ce qu'elle faisait lorsqu'il lui semblait ne plus voir personne autour d'elle.
Comme elle est belle et sereine et comme je nous imagine ainsi sur nos aiguilles !!
Alors je n'ai pas résisté.
Je suis allée causer avec elles toutes. J'ai regardé, j'ai écouté, j'ai posé des questions.
J'ai appris ce que je vous ai raconté plus haut sur l'implantation des vers à soie dans la région, moi qui ai toujours cru que l'abondance des muriers platanes étaient uniquement due à l'abondant feuillage bien pratique pour faire ombrage l'été.
J'ai vu des carreaux de dentelle au fuseau.
j'ai vu du crochet et de la broderie.
J'ai appris le boutis
Mais ma passion reste le tricot.
Voici donc un bas, tricoté pour être porté sous les robes traditionnelles, avec une jolie mitaine.
Le pied est petit et léger, le haut est plus cuissu.
Mais ne nous attardons pas à ce détail, pensons au travail fourni.
L'aiguille circulaire est un anachronisme, mais là aussi, chut.
Il y a des fêtes de l'olivier un peu partout mais si vous passez par le Var le premier week end d'octobre, réservez le entièrement pour la fête de l'olivier d'Olliloules la bien nommée qui a lieu chaque année