Tout d'abord un merci à toutes pour votre soutien.
Je viens vous donner de mes nouvelles.
J'ai été opérée en urgence il y a 4 jours d'une occlusion du grêle sur bride. Un truc aussi brutal que douloureux.
Le chirurgien a opéré 1h30 pour enlever le maximum d'adhérences et de brides mais il en a laissé et on y retournera l'année prochaine, non pas parce qu'il fait les choses à moitié mais à cause des risques de plaies du grele, avec poche et hospitalisation de 3 mois. J'ai vu les photos ( la beauté intérieure je peux maintenant dire que c'est une vue de l'esprit, cela ressemble plutôt à un immense chantier)
Depuis je ne mange, ni ne bois.
On a bien tenté mais ce n'est pas passé du tout. Donc la sortie prévue rapidement se déplace à une date indéfinie, l'unité de temps étant la semaine.
Et c'est là que je déroule le processus inverse de ce qui fait de nous des êtres debouts et pensants.
La douleur gomme tout. Les calmants me font sombrer ou à avoir des nausées.
Je préfère les nausées, au moins mon esprit est là.
Il est là, ne sachant que faire, comment faire avec ce corps qui dicte sa loi. Je n'ai pas d'énergie, pas d'autonomie.
C'est un vrai travail que d'accepter la maladie, d'être malade, d'accepter la douleur et de garder patience, confiance et courage.
Tricoter etait impossible jusqu'à hier soir.
Mais grace aux petits mots de Gaidjin, je suis restée aussi un etre pensant, un etre voulant et j'ai saisi mes aiguilles.
J'ai beau ne tricoter que 10 mailles et dormir ensuite, le temps redevient mon allié.
De 10 mailles en 10 mailles, je monte des rangs, bras tendus à cause de la perfusion et je recrée mon monde à moi, je retrouve un peu qui je suis dans ce maestrom.
J'entrevois la prochaine maille, je pense au prochain pas que je ferais, c'est une perspective qui s'ouvre là où je n'en vois pas encore.
Je suis bien entourée, tout le monde est au petits soins pour moi, mais le monde debout et le monde couché n'est pas le même et je me sens coupable de donner tant de soucis et de n'aller pas mieux alors que j'ai tant à faire.
Je suppose que c'est la leçon que je dois tirer et que cela durera tant que je lutterai.
Allez, je m'en vais dormir ou vomir un peu et après la radio je ferais des rangs.
Et pour les curieuses, voici mon dernier test knit.
Flo, je vais être obligée de te demande un petit délai, mais j'ai une bonne excuse, si, si.
Merci et bisous à toutes de votre amicale sollicitude