11 Novembre 1918
Fin de la Guerre, Armistice et retour du Poilu
Un page se tourne
11 Novembre 2018, une autre page se tourne
La triste guerre qui s'était poursuivie 100 ans plus tard par l'appel des tricoteuses se referme elle aussi
Si les plaies se sont refermées depuis un siècle, la mémoire reste
Et pour mieux la garder, j'ai voulu acquérir un des petits soldats de cette drôle de petite guerre en laine à la fin de l'aventure de Délit Maille et sa Wool War
Les bénéfices sont reversés à Médecins sans Frontières, qui oeuvre à reconstruire les blessés des guerres d'aujourd'hui
Voici donc ce qui est arrivé chez moi ce matin
Un petit Poilu, au nouveau pantalon bleu horizon, avec son casque, son sac à dos et ses besaces pleines
Sans doute avait il dans sa besace une lettre de ses proches et quelques mots griffonnés en réponse, emplis de désespérance d'une guerre sans nom, d'espoir d'une issue où il reverrait les siens, dans un souffle de patriotisme qui se dilue au fil des morts, des rats, des fusillés pour l'exemple
Un petit Poilu au matricule 731
Il me revenait de l'appeler par un nom
Alors je n'ai pas voulu inventer et j'ai replongé dans un livre qui redonnait la parole à ces morts d'un autre siècle
J'ai feuillété
Serait il Jacque ?
qui, par ce français parlé mis en lettres, témoigne de ces français qui ont été jetés dans les tranchées sans peut être tout comprendre de ce qui se jouait, braves et forts, parfaite chair à canon
Serait ce Henry Lange, nouvellement devenu français, qui fit preuve de plus de patriotisme encore pour prouver à ses yeux et au monde qu'être Français c'était le vouloir ?
Ainsi, j'aime à penser que mon Poilu à moi, serait l'un des 5000 combattantes ou l'un des 38 000 tirailleurs indochinois ayant rejoint l'armée française et ayant combattu loin de leur terre natale, dans un climat, une culture, parfois même une langue qui leur était étrangère, avec abnégation et courage
J'ai trouvé trace de leur histoire sur un site qui cultive la mémoire des liens entre la France et l'Indochine ( l'ancien nom du Viêt Nâm ) et les batailles militaires, un aspect fort méconnu que je vous invite à découvrir
Ces Poilus, dociles et ne faisant pas grêve ont été pris à partie et mis en cause dans un climat hostilités à partir de 1917 et appelés les Jaunes
Aussi j'aime à penser que mon Poilu est en route pour revenir chez lui, soleil sur son visage, sous une pluie de fruits jaunes, ronds comme les balles, mais porteurs de vie, même si pour beaucoup, ils furent affectés des mois encore au nettoyage des zones de combats.
Il ne rentrèrent pour la plus part chez eux qu'en 1919 voire 1920
Mon Poilu à moi, s'appellera Trân Thanh Can.
Il est le premier Indochinois à combattre dans cette Première Guerre Modiale.
Il suit les cours de l'Ecole Supérieure d'Agriculture Coloniale de Nogent-Sur-Marne.
Dès les 25 aout 1914, il s'engage dans les rangs du 112ème RI de Toulon.
Il affirme à ses chefs : " Je veux avoir ma part de combat en cours" puis gagne le front le 12 septembre suivant.
Le 20 janvier 1915, il est cité à l'ordre de l'armée pour "avoir soigné sous une grêle de balles ennemies plusieurs blessés lors d'un assaut".
Plus tard, il précisera à ses parents habitant Cholon que cette affaire a chuté 300 hommes à son bataillon.
Si vous voulez en savoir un peu plus sur la place des Indochinois ( Tonkinois, Annamites, Cochinchonois, comme on les appelait alors ), vous pouvez aussi voir cet article :
Il retrace leur quotidien mais aussi leur place dans les usines, les couples mixtes.
Nos histoires tissent l'Histoire et je suis fière et honorée d'avoir pu faire partie de l'a grande aventure laineuse qu'était la Wool War
Et je vous rappelle les articles sur cette Wool War